Rapport 2025 UE – Filtrage des investissements directs étrangers et impact sur les transactions

Filtrage des investissements étrangers dans l’Union européenne | Réglementation FDI Europe

Rapport 2025 sur le filtrage des investissements directs étrangers dans l’Union européenne

Une évolution structurante pour les transactions internationales

La Commission européenne a publié le 14 octobre 2025 le cinquième rapport annuel consacré au filtrage des investissements directs étrangers dans l’Union européenne.

Ce document analyse l’activité des mécanismes nationaux de contrôle des investissements pour l’année 2024 et fournit une vision détaillée de l’évolution du dispositif européen de foreign investment screening.

Au-delà des statistiques, ce rapport constitue une lecture essentielle pour les investisseurs internationaux, les banques d’affaires et les conseils impliqués dans des transactions transfrontalières en Europe.

Le filtrage des investissements étrangers est désormais un élément structurant de l’environnement transactionnel européen. Il influence directement :
• la structuration des acquisitions
• le calendrier des opérations
• l’évaluation du risque réglementaire
• les conditions d’autorisation des transactions impliquant des actifs sensibles

Dans ce contexte, le rapport confirme la transformation du filtrage des investissements directs étrangers en instrument central de souveraineté économique européenne.

Filtrage des investissements directs étrangers dans l’Union européenne | Réglementation FDI Europe
Filtrage des investissements directs directs étrangers dans l’Union européenne | Réglementation FDI Europe

Une dynamique d’investissements toujours forte en Europe

Selon le rapport, le stock d’investissements directs étrangers dans l’Union européenne a progressé de 7,5 % entre 2023 et 2024.

Depuis 2015 :
• 22 302 opérations de fusion-acquisition étrangères ont été recensées
• 30 108 investissements de création (greenfield) ont été enregistrés

Ces chiffres illustrent la résilience de l’attractivité européenne, malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et la fragmentation économique.

Toutefois, les flux annuels d’IDE ont légèrement reculé :
• – 8,4 % en 2024
• après – 23 % en 2023

Dans ce contexte, les fusions-acquisitions ont rebondi (+2,7 %) tandis que les projets greenfield ont diminué de 19 %.

Cette évolution confirme une tendance observée par les praticiens du marché : les investisseurs privilégient les opérations de consolidation industrielle et technologique, souvent plus rapides et stratégiquement ciblées.

La France confirme sa place stratégique dans les transactions européennes

Le rapport confirme la position centrale de la France dans les investissements internationaux en Europe.

En 2024, la France a accueilli :
• 264 opérations de fusion-acquisition étrangères
• soit 13 % du total européen

Elle se classe ainsi deuxième destination européenne, derrière l’Allemagne.

Malgré une légère baisse de 1,1 %, la France repasse devant l’Espagne, qui totalise 230 opérations.

Cette performance reflète l’attractivité structurelle du marché français, en particulier dans les secteurs :
• industriels
• technologiques
• énergétiques
• de défense

Ces secteurs figurent précisément parmi les activités soumises au filtrage des investissements directs étrangers par la Direction générale du Trésor.

Des investissements ciblant des secteurs stratégiques

Le rapport met en évidence la concentration des transactions dans des secteurs considérés comme critiques.

Industrie manufacturière

L’industrie manufacturière représente 27 % des transactions étrangères.

Elle demeure le cœur des opérations impliquant des chaînes industrielles sensibles.

Technologies de l’information et de la communication

Les TIC représentent 24 % des transactions.

La montée en puissance des enjeux numériques explique l’attention croissante des autorités publiques dans ces domaines.

Les filières stratégiques françaises

La France présente une exposition particulière dans plusieurs secteurs clés :
• micro-électronique
• spatial
• défense
• énergie
• biotechnologies

L’ajout récent de la photonique et l’extension de la définition de l’énergie propre dans la réglementation française illustrent l’adaptation permanente du cadre de filtrage des investissements directs étrangers aux nouvelles priorités industrielles.

Une généralisation des mécanismes de filtrage en Europe

L’une des tendances majeures du rapport concerne l’extension des mécanismes nationaux de filtrage des investissements directs étrangers.

À la fin de l’année 2024 :
• 24 États membres disposent désormais d’un mécanisme national
• contre 21 en 2023
• et 11 seulement en 2019

Cette progression traduit une convergence rapide des politiques économiques européennes autour de la protection des actifs stratégiques.

La France fait partie des États ayant actualisé leur législation en 2024, notamment en élargissant la liste des technologies critiques soumises à autorisation.

Une augmentation très forte des examens de transactions

En 2024, les autorités nationales ont traité :

3 136 dossiers d’investissement

contre :

1 808 dossiers en 2023

soit une augmentation de plus de 70 %.

Cette progression illustre la montée en puissance du filtrage des investissements directs étrangers comme outil de régulation des transactions internationales.

Une politique toujours ouverte

Malgré cette intensification des contrôles :
• 86 % des dossiers ont été autorisés sans condition
• 9 % ont été autorisés avec mesures d’atténuation
• 1 % ont été bloqués

Ces proportions sont stables depuis 2021.

Elles confirment que le filtrage des investissements directs étrangers vise avant tout à sécuriser les transactions, et non à les empêcher.

Le rôle central de la France dans la coopération européenne

Le règlement européen sur le filtrage des investissements étrangers repose sur un mécanisme de coopération entre États membres.

En 2024, 477 notifications ont été échangées entre autorités nationales.

La France figure parmi les quatre principaux contributeurs, aux côtés :
• de l’Espagne
• de l’Autriche
• de l’Italie

Ces quatre États sont à l’origine de 76 % des notifications.

Cette position reflète la maturité du dispositif français et l’intensité des opérations impliquant des actifs stratégiques situés en France.

Origine des investissements étrangers

Le rapport confirme la concentration des flux d’investissement.

Les principales origines des acquisitions sont :
• États-Unis : 30 %
• Royaume-Uni : 23 %

Les investissements américains représentent même 40 % des dossiers notifiés au mécanisme de coopération européen.

La part des investisseurs chinois progresse également :
• 9 % des transactions
• contre 6 % auparavant

Cette évolution justifie le renforcement du filtrage des investissements directs étrangers dans les secteurs technologiques sensibles.

Les secteurs les plus sensibles dans les examens approfondis

Les transactions soumises à une évaluation approfondie concernent principalement :
• industrie manufacturière (50 %)
• technologies de l’information (20 %)

Les principaux facteurs de risque identifiés par la Commission sont :
• technologies critiques (49 %)
• infrastructures critiques (26 %)
• intrants essentiels (20 %)

Au sein des technologies critiques :
• défense : 37 %
• semi-conducteurs : 21 %
• aéronautique : 16 %

Ces données illustrent le rôle du filtrage des investissements dans la protection des chaînes industrielles stratégiques européennes.

Vers une harmonisation du filtrage des investissements en Europe

La Commission européenne a proposé en janvier 2024 une révision du règlement sur le filtrage des investissements étrangers.

Les objectifs sont :
• garantir que tous les États membres disposent d’un mécanisme opérationnel
• harmoniser les critères d’analyse
• inclure les investisseurs européens contrôlés par des entités de pays tiers
• renforcer la coopération entre autorités nationales

Cette évolution vise à améliorer la prévisibilité réglementaire pour les investisseurs internationaux.

Un nouveau champ : la surveillance des investissements sortants

La Commission s’intéresse désormais également aux investissements sortants.

La recommandation (UE) 2025/63 invite les États membres à examiner les investissements européens vers des pays tiers dans trois domaines critiques :
• semi-conducteurs
• intelligence artificielle
• technologies quantiques

Cette approche élargit la notion de sécurité économique au contrôle des transferts technologiques.

Ce qu’il faut retenir pour les transactions internationales

Le cinquième rapport européen confirme plusieurs tendances structurantes pour les investisseurs internationaux :
• généralisation du filtrage des investissements dans l’ensemble de l’Union
• augmentation très forte du nombre d’examens de transactions
• concentration des contrôles sur les technologies critiques
• coordination croissante entre autorités nationales

Dans ce contexte, l’analyse du risque réglementaire lié au filtrage des investissements directs étrangers devient un élément essentiel de la structuration des opérations de fusion-acquisition en Europe.

Pour les investisseurs et les conseils impliqués dans des transactions internationales, l’anticipation de ces enjeux est désormais un facteur clé de réussite.

Notre expertise

Relians accompagne investisseurs, banques d’affaires et dirigeants dans l’analyse et la gestion des risques réglementaires liés au contrôle des investissements étrangers.

Notre approche vise à :
• anticiper l’exposition d’une transaction au filtrage des investissements directs étrangers
• analyser les risques liés aux secteurs sensibles
• structurer les opérations pour sécuriser leur exécution

Dans un environnement marqué par le renforcement des mécanismes de filtrage des investissements directs étrangers en Europe et dans le monde, l’intégration de ces enjeux dès l’amont d’une transaction constitue un facteur déterminant de succès.

 

Cabinet RELIANS, conseil stratégique spécialisé dans les transactions internationales exposées au contrôle des investissements étrangers et aux enjeux de sécurité économique.
RELIANS accompagne investisseurs, fonds et entreprises dans les transactions impliquant des actifs stratégiques exposés aux mécanismes de contrôle des investissements étrangers.

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