Contrôle des investissements étrangers : impact du renforcement sur les transactions sensibles

FDI screening in France regulatory framework and its impact on foreign investment approval and deal execution risk

Comment le contrôle des investissements étrangers est-il renforcé en France ?

Le contrôle des investissements étrangers en France s’est considérablement renforcé au cours des dernières années.

Mais ce renforcement ne peut être réduit à une simple évolution réglementaire. Il ne s’agit pas uniquement d’un durcissement des règles ou d’un élargissement technique du dispositif. Il traduit une transformation plus profonde de l’environnement transactionnel, qui affecte directement la manière dont les opérations sont conçues et exécutées.

Il constitue ainsi une évolution structurelle du deal risk dans les opérations de M&A impliquant des actifs sensibles. Là où le contrôle des investissements étrangers était historiquement traité comme une contrainte juridique périphérique, il devient aujourd’hui un facteur central de la dynamique du deal.

En pratique, cette mutation modifie le point d’équilibre du processus transactionnel. Le FDI screening n’intervient plus uniquement en aval, comme une étape de validation formelle, mais s’intègre dès l’amont dans la structuration de l’opération. Il ne s’agit plus d’un sujet de conformité traité en fin de process, mais d’une variable stratégique qui influence l’ensemble du deal.

Aujourd’hui, le FDI screening agit directement sur les paramètres clés de la transaction :

Faisabilité de l’opération : capacité à obtenir une autorisation au regard des intérêts nationaux, avec un risque réel de refus ou de conditions incompatibles avec le projet

Calendrier du deal : introduction de délais d’instruction, d’échanges avec l’administration et d’incertitudes susceptibles de perturber le processus transactionnel

Valorisation : impact des contraintes réglementaires sur les synergies attendues, le contrôle effectif et la rentabilité de l’opération

Structuration : nécessité d’adapter la gouvernance, les droits de contrôle, voire le périmètre de l’opération pour la rendre acceptable

Dans ce contexte, le contrôle des investissements étrangers ne peut plus être appréhendé comme un simple filtre réglementaire. Il constitue désormais un déterminant central de l’exécution des transactions sensibles, qui doit être intégré dès l’origine dans la stratégie du deal.

Contrôle des investissements étrangers en France – cadre réglementaire et analyse stratégique
Contrôle des investissements étrangers en France

Un renforcement en deux mouvements : extension du périmètre et intensification du contrôle

Le renforcement du dispositif repose sur une logique structurante, analysée dans IEF – Le contrôle des investissements étrangers en France :

« le filet s’agrandit, la maille se rétrécit. »

Ce double mouvement transforme profondément la nature du risque transactionnel.

Le filet s’agrandit : une extension continue des opérations capturées

Le périmètre du contrôle s’est progressivement élargi, intégrant un nombre croissant de secteurs et d’activités jugées sensibles.

Cette extension concerne notamment :

• les technologies critiques

• les données et infrastructures stratégiques

• la santé et les biotechnologies

• l’énergie et certaines activités industrielles clés

En pratique, cette évolution a une conséquence directe : des opérations historiquement considérées comme neutres peuvent désormais entrer dans le champ du contrôle.

Elle crée un risque de captation du deal, caractérisé par :

• une exposition non anticipée

• une identification tardive du risque

• une requalification de l’opération en cours de process

Cette extension rend indispensable une analyse en amont, fondée sur une lecture élargie des activités et de leur sensibilité stratégique.

La maille se rétrécit : une analyse plus fine et plus qualitative

Parallèlement, l’administration a profondément renforcé son niveau d’analyse. Le contrôle ne repose plus uniquement sur des critères juridiques formels tels que les seuils de participation.

Il intègre désormais des éléments qualitatifs, notamment :

• les droits de gouvernance

• les mécanismes contractuels

• la capacité d’influence de l’investisseur

• la logique industrielle de l’opération

Cette évolution a des implications majeures :

• une participation minoritaire peut être contrôlée

• une structuration contractuelle peut déclencher un examen

• une opération juridiquement conforme peut être remise en cause

Elle génère ainsi un risque d’incertitude du deal, lié à la dimension interprétative et stratégique de l’analyse administrative.

Du risque réglementaire au risque d’exécution du deal

Le point clé du renforcement du contrôle réside dans ce basculement.

Il ne s’agit plus uniquement d’un risque réglementaire à gérer en aval, mais d’un risque d’exécution du deal à intégrer dès l’amont.

Concrètement, le FDI screening impacte directement :

• La structuration : adaptation de la gouvernance, limitation des droits de contrôle, réorganisation éventuelle des actifs

• Le calendrier : allongement des délais, incertitudes sur le closing, interaction avec les autres conditions suspensives

• La valorisation : contraintes susceptibles d’affecter les synergies, la rentabilité ou le contrôle effectif

• La faisabilité : possibilité de refus ou d’imposition de conditions incompatibles avec la logique économique du projet

Dans certains cas, ces éléments conduisent à redéfinir l’opération elle-même.

La variable déterminante : la perception de l’État

Le renforcement du contrôle traduit une évolution plus profonde de la logique administrative.

L’analyse ne se limite plus à une lecture juridique. Elle repose sur une appréciation :

• économique

• industrielle

• stratégique

La question centrale devient alors : comment l’État perçoit-il l’opération ?

Cette perception dépend notamment :

• du profil de l’investisseur

• de la nature des actifs concernés

• du contexte sectoriel et politique

Deux opérations juridiquement comparables peuvent ainsi produire des résultats différents en fonction de leur perception par les autorités.

Une incertitude intégrée au processus transactionnel

Le resserrement de la maille du contrôle introduit une incertitude structurelle dans les opérations.

Cette incertitude tient à :

• la dimension qualitative de l’analyse

• la marge d’appréciation de l’administration

• l’évolution des priorités stratégiques de l’État

En pratique, elle se traduit par :

• des demandes d’informations plus approfondies

• des échanges itératifs avec les autorités

• une variabilité des délais d’instruction

Dans un processus compétitif, cette incertitude devient un facteur déterminant, susceptible :

• d’affaiblir une offre

• de ralentir l’exécution

• ou de disqualifier un investisseur

Anticiper le FDI screening : un levier de performance transactionnelle

Dans ce contexte, la distinction clé réside dans la capacité d’anticipation.

Une approche réactive se caractérise par :

• une identification tardive du risque

• des ajustements en phase d’instruction

• une perte de maîtrise du calendrier

À l’inverse, une approche anticipative permet :

• d’identifier les facteurs de sensibilité dès l’origination

• d’adapter la structuration du deal

• d’intégrer la logique administrative dans la stratégie transactionnelle

Cette capacité d’anticipation constitue un avantage compétitif déterminant dans les opérations sensibles.

Le rôle du conseil stratégique dans les transactions sensibles

Le renforcement du contrôle modifie profondément la nature du conseil.

Il ne s’agit plus uniquement de qualifier un risque juridique, mais de :

• comprendre la logique de l’État

• anticiper ses réactions

• intégrer ces paramètres dans la structuration du deal

C’est précisément à ce niveau qu’intervient Relians :

• analyse du deal risk réel

• lecture stratégique de l’opération

• intégration du facteur État dans l’exécution

L’objectif n’est pas seulement d’obtenir une autorisation.

Il est de sécuriser une transaction exécutable et cohérente économiquement.

Aller plus loin avec l’ouvrage de référence

Une analyse développée dans l’ouvrage de référence

Cet ouvrage propose une lecture intégrée du dispositif, en articulant droit, pratique administrative et logique d’exécution des transactions sensibles.

IEF – Le contrôle des investissements étrangers en France (2e édition)
Auteur : Pascal Dupeyrat
Éditeur : RELIANS
Parution : 2025
EAN : 9782958452032

FAQ – Renforcement du contrôle et deal risk

Le contrôle des investissements étrangers est-il plus strict aujourd’hui ?

Oui. Il couvre davantage de secteurs et repose sur une analyse plus approfondie, notamment en matière de gouvernance et d’influence.

Une prise de participation minoritaire peut-elle être contrôlée ?

Oui. La capacité d’influence peut suffire à déclencher un examen, indépendamment du niveau de participation.

Le FDI screening peut-il faire échouer un deal ?

Oui. Il peut conduire à un refus, à des conditions incompatibles avec le projet ou à des délais incompatibles avec le process.

Le contrôle impacte-t-il la valorisation ?

Oui. Les contraintes imposées peuvent affecter la gouvernance, les synergies et la rentabilité de l’opération.

Comment réduire le risque d’exécution ?

En anticipant très en amont :

• l’exposition au contrôle

• la perception de l’État

• les ajustements nécessaires du deal

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Relians – Conseil stratégique des transaction sensibles